C o n t a c t
G a l e r i e
Aiguille, stylo noir sur papier, 65x50 cm, 2016.

Si l’on décrit chaque image, c’est avant tout le mélange et l’union des éléments qui s’offrent à notre regard. Des créatures anthropo-zoomorphes apparaissent, des hybrides inquiétants, mélancoliques mais parfois doux et fragiles. L’espace est souvent chargé, l’atmosphère vénéneuse, les corps lourds et pesants. Ces derniers s’animent par leurs contorsions, leurs crispations. A la fois scalpel et suture, le tranchant du dessin ouvre à une forme de continuité de l’être, de porosité entre différents règnes (animal, végétal, minéral, etc). Chaque image appelle les autres, qui la complètent, l’unité ne se faisant que dans la diversité.

Les collages, gravures, dessins, sont comme des indices du réel, digérés et utilisés comme matière première d’un regard sur le monde. Les plans se superposent, s’enveloppent, se résistent autant qu’ils se fondent. Il y a une lutte intestine, le mélange n’est plus simple fluidité, il apparaît torturé, violent, il est frottement entre différentes entités, différentes cultures. C’est ainsi un syncrétisme qui s’expose à nous : syncrétisme ontologique, par la vision de l’être qu’il exprime, syncrétisme culturel, par la pluralité et la rencontres des univers invoqués (Européen, Africain, Créole…) et syncrétisme artistique, par la diversité des techniques employées (collage, dessin, peinture, graphisme).

Des gravures anciennes à l’esthétique punk en passant par le Surréalisme, l’Expressionnisme allemand qui puise dans l’obscurité de la réalité contemporaine, est matérialisé ici en une forme d’angoisse, de cauchemars. Chaque dessin fonctionne comme un fétiche protecteur, il résonne avec un sentiment, une situation, un spleen Romantique.

« La marque du romantisme est cette charité cosmique; cette sympathie universelle qui relie l’homme à l’homme, […] l’homme à l’animal et au paysage, l’âne et le crapaud, l’arbre, le rocher, le nuage au ciel, créatures fraternelles, porteuses chacune pour les autres, d’harmonies évoquant une vocation commune.»

Née en 1989 au Lamentin (Martinique), Mélissa grandit entre les Antilles, l’Alsace et l’Afrique de l’Ouest (Gabon). Elle vit aujourd’hui à Ostwald (67540), et travaille en tant qu’animatrice dans un centre socio- culturel.

Son parcours artistique commença en 2007 à l’Institut Régional d’Arts Visuel de la Martinique (IRAVM). En 2008, elle poursuit ses études à l’université de Strasbourg en licence de Philosophie. En 2011 elle débuta un travail de recherche en Master d’Arts-Plastiques puis soutient son mémoire sous la direction de Germain Roesz et d’Éric Laniol en Mai 2013.

1 Georges Gusdorf, L’homme romantique, op.cit., pp . 35, 97, 105 et 172